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HORS-HUMAIN
1992-1997- Les rves des dragons Žlectriques.


Avec Hors-Humain dans l'antre des monstres urbains.

https://www.youtube.com/watch?v=bC1AlEVQfXY&feature=youtu.be
https://www.facebook.com/notes/yann-minh/1987-avec-hors-humain-/10154707695898149




Comme dĠhabitude jĠŽtais entirement vtu de noir, mais jĠavais pris en plus une veste ˆ capuche sombre comme on me lĠavait recommandŽ.
Nous roulions vers l'avenue qui va de La DŽfense ˆ la place de l'ƒtoile, et Hors-Humain cherchait vainement ˆ garer sa camionnette. Tout en rŽpondant aux questions que je lui posais sur ses activitŽs, Hors-Humain sĠŽtait engagŽ ˆ contre-sens dans une rue ˆ sens unique, (las de tourner en rond dans le quartier depuis plus d'une demi heure). Au dernier quart de la rue nous nous sommes retrouvŽs nez ˆ nez avec une R19 blanche qui venait de s'y engager.
Imperturbable hors-humain a poursuivi ses explications sur sa dŽmarche, tout en obligeant le chauffeur de la R19 ˆ reculer.
J'avais posŽ sur mes genoux la camŽra Canon avec laquelle jĠavais tournŽ les rushs du gŽnŽrique du Cercle de Minuit pour Basile Vignes . La camŽra montŽe sur son Mini Steadicam Žtait Žteinte.

A la sortie de la rue la voiture sĠest mise en travers pour nous barrer le chemin et une main est sortie par la fentre passager pour poser sur le toit un gyrophare allumŽ.
Deux policiers en uniforme se sont extirpŽs de la voiture et nous ont demandŽ de descendre. Deux autres voitures de police sont arrivŽes ˆ ce moment, ainsi que deux jeunes hommes qui nous suivaient discrtement en moto. Sans un mot, ils ont mis pied ˆ terre, posŽ leurs casques et tels deux gardes du corps, se sont positionnŽs ˆ nos c™tŽs contre la paroi gauche du camion.
Voyant cela, les policiers se sont dŽployŽs autour de nous la main posŽe sur la crosse de leurs armes, et la, je me suis dis qu'il ne fallait surtout pas que je fasse le moindre faux mouvement.
Un homme d'une quarantaine d'annŽes en costume chic marron clair s'est approchŽ de moi et a commencŽ ˆ me palper :
- "Est-ce que vous avez une arme sur vous".
Je signal que j'ai un outil multi-fonction dans ma poche droite.
-"Donnez le moi, avec votre carte d'identitŽ . Vous aviez une camŽra o est-elle, est-ce que vous avez filmŽ ?
- " Non, la camŽra Žtait Žteinte, elle est posŽe ˆ l'avant dans le camion"
J'ai rŽpondu d'un ton que je voulais le plus pacifique possible, en lui donnant mes papiers et ma pince Gerber.
L'homme s'est ŽloignŽ vers une des voitures. A ma droite un grand gendarme dans un uniforme imposant couvert de barrettes s'est approchŽ de Hors-Humain et lĠa interpellŽ :
- "Vous tes quoi vous, un groupe paramilitaire ou quoi ?"
Un des jeunes hommes ˆ ma gauche sĠest exclamŽ : "Me touchez pas !" en repoussant brutalement une policire qui voulait le fouiller .
Nous Žtions entourŽs par une dizaine de policiers et de gendarmes ŽclairŽs par les Žclats rotatifs des gyrophares : une vrai scne de film...
Hors-Humain a rŽpondu trs ŽnervŽ au gendarme inquisiteur :
- ÒMilitaires! Comment a militaires.. nous ne sommes pas militaires!... d'ailleurs nous ne sommes pas civils non plus... Ò
Un dialogue absurde sĠest alors engagŽ :
- "Ah mais il faut choisir monsieur! Vous tes soit civils, soit militaires... "
- "Non, nous ne sommes ni militaires, ni civils... dĠailleurs il n'y a pas de civils innocents..."
Cet Žchange de point de vue surrŽaliste a ŽtŽ interrompu lorsque le fonctionnaire en costume chic nous a rendu nos papiers, et a dŽclarŽ en retournant vers sa voiture :
- "C'est bon on y va !"
StupŽfait, le gradŽ de gendarmerie sĠest retournŽ:
- "Comment a on y va ?"
- "On y va, c'est tout!".
Et sans plus une parole, les gendarmes et les policiers sont remontŽs dans leurs voitures, et en quelques secondes il n'y eut plus personne autour de nous.
JĠŽtais aussi surpris que le gendarme : on avait remontŽ un sens unique, obligŽ les policiers ˆ faire marche arrire, pas vraiment ŽtŽ trs coopŽratifs, et pourtant nous n'avions mme pas droit ˆ un petit procs verbal...
Je me suis retournŽ vers hors-humain qui donnait les clefs du camion ˆ un de ses jeunes partenaires pour qu'il le gare.
- "Je comprends pas la... tu peux m'expliquer ce qu'il vient de se passer ?"
- "laisse tomber. Avec eux c'est toujours comme a ! Ils ne sont jamais cohŽrents, y a rien ˆ comprendre!Ó
Il mĠa dŽsignŽ la grande sculpture cylindrique au centre de lĠembranchement entre les deux rues.
-"Prends ta camŽra, on va entrer la dedans..."
-" Euh! Comment a : on va entrer la dedans ?"
En prenant mon matŽriel jĠai observŽ avec perplexitŽ l'espce de grand fromage bordŽ de statues modernes en me demandant si c'Žtait bien de a qu'il me parlait.
Hors-humain a couru vers le monument, l'a escaladŽ, a fait une chandelle au sommet puis... a disparu ˆ l'intŽrieur.
Au bout de quelques secondes, la sculpture s'est ouverte : deux grands battants circulaires donnant accs ˆ ce qui se rŽvŽlait tre une gigantesque bouche d'aŽration du RER dissimulŽe dans le monument. Blade Runner ou Alien en grandeur rŽelle.
Et la soirŽe ne faisait que commencer...


Nous sommes descendu vers les profondeurs souterraines de la capitale au travers dĠun enchevtrement de passerelles Žvoquant un labyrinthe de jeu vidŽo ˆ la Unreal ou Quake, jusqu'ˆ une petite porte blindŽe verrouillŽe par un volant circulaire, comme celui dĠun sas de sous-marin, et qui nous a donnŽ accs ˆ l'intŽrieur du tunnel du RER.
En sautillant ˆ la suite de Hors-Humain pour Žviter les dalles brisŽes de la margelle trs Žtroite qui longeait la vožte et les rails j'ai eu un doute et j'ai regardŽ ma montre, il Žtait a peine minuit passŽ : Il y avait encore des RER !
Inquiet je me suis retournŽ vers Laurent, un des deux jeunes du groupe qui accompagnait Hors-humain ˆ lĠŽpoque avant quĠils ne se sŽparent f‰chŽs. (Petit Pierre lĠautre jeune compagnon Žtait restŽ nous attendre prs du camion).
- S'il y a un mŽtro qui arrive on fait quoi ?
- Ne vous inquiŽtez pas, si un train arrive, vous vous plaquez contre le mur, et surtout mettez votre capuche pour que le chauffeur ne vous voit pas...
A peine avait-il terminŽ sa phrase qu'un train sĠest engagŽ derrire nous, au bout du tunnel dont la courbure des arches Žvoquait lĠimmense structure squelettique du "matte painting" de Giger dans Alien 1. (la soute du vaisseau extra-terrestre o reposent les oeufs.)
Pas vraiment rassurŽ, jĠai rabattu ma capuche, et me suis plaquŽ contre le mur sale.
Dans un rugissement assourdissant le train a fr™lŽ mon dos... du coin de l'oeil je pouvais entrevoir la mosa•que stroboscopique lumineuse de l'intŽrieur des wagons avec ses passagers tranquillement installŽs, inconscients de notre prŽsence derrire les fentres...
Soudain, avec horreur, jĠai rŽalisŽ que jĠŽtais aspirŽ en arrire par lĠair dŽplacŽ, et la camŽra que je tenais ˆ deux mains plaquŽe contre ma poitrine m'empchait de me cramponner aux arcs-boutants de la vožte.
Heureusement, je nĠai perdu l'Žquilibre quĠaprs le passage du train
Hors-humain a enjambŽ les rails et soulevŽ une petite grille de mŽtal qui occultait une ouverture dans le sol. Il disparut ˆ l'intŽrieur de la cavitŽ en criant : Suis moi!
JĠai aussi enjambŽ les rails avec prŽcaution en me demandant s'il n'y avait pas du courant. Dans le rectangle ouvert dans le sol, Hors-Humain mĠobservait depuis ce qui ressemblait ˆ un petit tunnel ŽclairŽ.
-"Vas-y, saute, je te retiens...
JĠai donnŽ la camŽra ˆ Laurent, et je me suis glissŽ dans lĠŽtroite ouverture rectangulaire.
JĠai senti les bras de Hors-Humain qui m'enserraient et je me suis laissŽ tomber... dans une eau courante glacŽe qui ruisselait ˆ mi-mollet, trempant mes chaussures qui s'enfonaient dans une boue visqueuse...
Mais l'eau Žtait Žtonnamment propre : une eau de source limpide qui coulait sur un tapis d'argile rouge. Nous Žtions dans un tunnel de service dont les murs Žtaient tapissŽs de centaines de gros c‰bles suspendus dans leurs Žtriers. JĠai rŽcupŽrŽ la camŽra que me tendait Laurent qui nous rejoignit avec souplesse, voir mme ŽlŽgance... (si si, il faut le faire de se glisser dans un trou avec ŽlŽgance :-))

Devant nous, Hors-humain sĠŽtait dŽjˆ engagŽ dans le tunnel, et nous džmes courir pour le rejoindre.
J'avais vraiment de plus en plus l'impression d'tre ˆ l'intŽrieur d'un jeu vidŽo du type FPS... En plus, la camŽra qui oscillait sur son steadycam dans mes mains, renforait l'analogie avec les armes des gamers. Floc... floc... faisait l'Žcho de nos pas dans l'eau. Parfois les nŽons des lampes de service Žtaient grillŽes, ce qui nous obligeait ˆ avancer dans l'obscuritŽ.
-"Fait attention de pas toucher les murs quand il n'y a pas de lumire !"
-"Pourquoi ? y'a de l'ŽlectricitŽ ?"
-"Non! les rats se mettent sur les c‰bles dans le noir"
Argh! Bien sur, les ratsÉ il ne manquait plus que les monstres pour que a devienne vraiment un univers de jeu vidŽo. Je venais ˆ peine de penser cela, que hors-humain s'est brutalement arrtŽ et m'a murmurŽ en observant les tŽnbres derrire nous :
-"Chut... Žcoute... Le Dragon arrive... "
Anxieux et perplexe jĠai scrutŽ le fond du tunnel derrire nous qui Žtait toujours silencieux, seulement troublŽ par le chuintement d'un ruissellement d'eau suintant le long d'une paroi. La premire chose que jĠai remarquŽ d'anormal et qui annonait l'arrivŽe du Dragon, c'Žtait le vent. Une lŽgre brise au dŽbut qui est soudain montŽe en intensitŽ lorsque commena ˆ rŽsonner le grondement du monstre, qui, de lointain et sourd, plein d'infra-basses ˆ peine perceptibles, s'amplifia brutalement pour devenir assourdissant lorsque le RER passa juste au dessus nous dans un ouragan de bruit de lumire et de vent. "Le Dragon" c'Žtait lui... plus vrai que nature...
Le bouchon d'air qui avait prŽcŽdŽ son passage Žtait tellement puissant, que sous mes yeux le ruissellement liquide qui tombait le long du mur avait ŽtŽ propulsŽ ˆ l'horizontal. Une fois le "Dragon" passŽ, et le calme revenu dans le tunnel, Hors-Humain mĠa dit :
- "Filme!, filme maintenant!"
Me laissant a peine le temps de rŽgler mon cadre, il sĠest servi d'une grosse canalisation creuse comme d'une percussion, et a entonnŽ une mŽlopŽe tribale dont les notes et le rythme rŽsonnait dans les lointains labyrinthiques de l'antre du monstre, comme une chanson Žtrange destinŽe ˆ apprivoiser le Cyberdragon, et qu'on peut entendre et voir dans le petit montage que j'ai fait de nos pŽrŽgrinations clandestines dans les entrailles de la mŽgalopole.
https://www.youtube.com/watch?v=bC1AlEVQfXY&feature=youtu.be



Les cercles de la nuit<br> Trois ans plus t™t nous Žtions encore, sans nous en rendre compte, dans cette temporalitŽ heureuse des annŽes quatre vingt dix. LĠhorrible chape de plomb de la seconde guerre du golfe nĠavait pas encore occultŽ toutes nos espŽrances, et nous vivions les derniers beaux jours illusoires dĠune fin de sicle lumineuse, avant que le 11 septembre 2011 ne termine de faire basculer la nżżsphre mondiale dans la morbiditŽ tŽnŽbreuse contemporaine.

LĠŽtŽ 1992, assis sur le haillon arrire de mon cabriolet conduit par mon ami Basile Vignes, la musique dĠOriema ˆ fond dans le lecteur de CD, je filmais paris la nuit ˆ bout de bras. JĠinscrivais dans ma camŽra Canon qui Žtait devenue un prolongement non pas de mes yeux ou de ma mŽmoire mais de ma main, les rushs du gŽnŽrique que Basile rŽalisait pour lĠŽmission de Michel Field : Le cercle de minuit

Tel un cyclope cybernŽtique ma camŽra semblait flotter en apesanteur au bout de mon bras. Et ˆ travers elle je caressais la ville, je touchais le rŽel. Dans son viseur, lĠobturation lente, en additionnant la luminance de chaque cinquantime de seconde, illuminait la pŽnombre parisienne dĠune clartŽ Žlectronique fantomatique. Nous captions lĠ‰me nocturne et fuligineuse dĠun paris, aimant, ludique, chaleureux et sexy qui inscrivait ses luminances magnŽtiques sur le support ferreux des bandes vidŽo .
- Yann! il y a deux filles super sexy en rollers devant...
- Grille le feu Basile... il faut les rattraper...
Nous avons juste eu le temps de dŽpasser et prŽcŽder la dernire rolleuse avant quĠelle ne bifurque vers la place de la Bastille, et pendant dix secondes sa silhouette sensuelle sĠest inscrite en ombre chinoise sur mon capteur...
a a ŽtŽ un des plus beaux plans du gŽnŽrique, avec cette femme africaine en boubou qui tenait son enfant par la main ˆ Barbs : Il Žtait aux alentours de minuit et nous faisions la course avec le mŽtro aŽrien dont jĠessayais de capter une fraction de trajectoire synchrone. Au deuxime retour de cette course improbable, dans une rotation quasi parfaite dŽterminŽe par le hasard de la circulation automobile, comme dans une valse urbaine surrŽaliste rythmŽe par la musique dĠOriema, nous avons tournŽ autour du petit ilot de nettetŽ et de stabilitŽ que la femme formait avec son enfant.

JĠadorais cette petite camŽra blanche fixŽe sur mon steadicam junior. Dans ces Žtranges instants de gr‰ce artistique, que Stanislavski appelle instant crŽateur, et Alexandro Jodorowski attribue ˆ la voie humide de lĠalchimie, ce nĠŽtait plus moi qui manipulait la camŽra, mais la camŽra qui me manipulait. JĠŽtais devenu le prolongement du dispositif de captation vidŽo, son cyborg. CĠŽtait moi lĠoutil. JĠŽtais le prolongement biologique dĠun dispositif cybernŽtique qui mĠutilisait pour produire des images.
Par mon intermŽdiaire, des entitŽs informationnelles mystŽrieuses se perpŽtuaient et se propageaient dans le cyberespace. JĠŽtais lĠorgane sexuel dĠune nżżsphre qui insŽminait notre conscience et inconscience collective.

Longtemps plus tard, Basile mĠa racontŽ que des spectateurs avaient Žcrit ˆ la cha”ne, pour savoir o nous avions pris certains plans. Ils avaient retracŽs quasiment tout notre itinŽraire nocturne, ˆ lĠexception de quelques lieus, dont nous avons eu du mal ˆ nous rappeler nous-mmes lĠemplacement.



Le massacre de la Timbale nomade

Quelques mois plus tard, avant la visite de lĠantre du dragon Žlectrique, le jour de lĠan dĠun hiver glacial, les nżżentitŽs sĠŽtaient liguŽes pour me faire quitter la douce tiŽdeur de mon appartement au 19me Žtage des tours de la place dĠitalie, o je ftais la nouvelle annŽe avec mes amies.
-Allo? .. Salut Raymond, comment a va... bonne annŽe ... bonne santŽ...
- oui, jĠai toujours ma camŽra qui filme la nuit... pourquoi?...
- Ah non, je ne vais pas sortir filmer ce soir... dehors il fait trop froid, en plus jĠai pleins dĠamies ˆ la maison...
- Qui a ? ... peux tu rŽpŽter, je nĠai pas compris...
-Hors-Humain ? .. non je ne connais pas... cĠest son vrai nom?...
- ll va escalader la faade de Notre-Dame avec une timbale... ? Et alors ? il fait ce quĠil veut, moi je ne bouge pas dĠici...

Quelques minutes plus tard, un peu avant minuit, jĠŽtais aux pieds de Notre Dame avec ma camŽra. Raymond Audemard mĠattendait prs dĠune camionnette blanche garŽe derrire le square de Notre-Dame. Un car de police tournait lentement autour de la place. Dans la camionnette, trois hommes vtus de noir dont Hors-humain : mince, un visage ŽmaciŽ christique encadrŽ de longs cheveux noirs bouclŽs, les pieds nus, le regard intense. Mon micro a a peine eu le temps de capter quelques phrases, que soudainement ils se sont prŽcipitŽs hors de la camionnette et se sont ruŽs au pas de course vers la faade de notre dame en transportant leur Žnorme timbale.
Le car de police sĠest arrtŽ et des policiers se sont prŽcipitŽs dehors en vain.
Je courais derrire Hors-Humain et ses deux partenaires le steadicam au poing. La camŽra sĠŽtait ˆ peine stabilisŽe quĠils avaient dŽjˆ escaladŽ les grilles latŽrales qui entourent Notre-Dame, et, semblables ˆ des araignŽes quadripodes accompagnŽes de la grosse coccinelle noire de la timbale portŽe par Laurent, ils ont gravi les Žchafaudages jusquĠˆ la rosace centrale.
Lorsque les premiers roulements ont rŽsonnŽ sur la place, la foule ŽmŽchŽe massŽe sur le parvis sĠest mise ˆ danser et acclamer Hors-Humain qui scandait ses aphorismes en martelant la timbale.
-Ó Vous avez dit crimes contre lĠhumanitŽ, mais lĠhumanitŽ sans crimes serait-ce lĠhumanitŽÓ...
La pauvre timbale nomade, qui avait accompagnŽ Hors-Humain dans ses performances urbaines clandestines, fut dŽtruite ˆ coup de hache de pompier par un jeune policier irritŽ ˆ lĠaube dĠun lendemain dĠHalloween. VexŽ de nĠavoir pas pu dŽloger Hors-Humain qui jouait de sa timbale au sommet du plus grand arbre du cimetire de Montmartre la nuit dĠHalloween, un jeune policier a attendu quĠil redescende ˆ 5 heure du matin, pour, armŽ de la hache empruntŽe ˆ un pompier, dŽtruire de colre le pauvre instrument. Quelque temps plus tard, lĠIGS a offert une nouvelle timbale ˆ Hors-Humain contre le retrait de sa plainte.