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yann.minh@wanadoo.fr Objet : (tres long) Noochroniques des utopiales. 1 Date : 24 novembre 2004 17:18:34 HNEC Ë : sffranco@mecreant.org
Date : 3 octobre 2001 02:09:55 HAEC
De : yann.minh@wanadoo.fr
Objet : (tres long) Noochroniques des utopiales. 1
Date : 24 novembre 2004 17:18:34 HNEC
À : sffranco@mecreant.org

Dans la tête de Yann Minh.
Noochroniques des utopiales 2004.
Épisode 1.


Il y a quelques mois, Vince m'appelle pour me dire qu'il m'a invité sur le gigantesque NooCroiseur des Utopiales afin que je m'occupe, entre autre, de la présentation public d'une star du genre Cyberpunk, Bruce Sterling.

http://www.utopiales.org/2004/default.html

Super... je suis très agréablement surpris, et très heureux de cette invitation qui éclaire mes ténèbres quotidiennes.

Les semaines passent, durant lesquelles, je tente désespérément de refaire décoller vers des cieux plus cléments mon petit nooscaphe en perdition dans une obscurité de plus en plus épaisse.

Pendant les rares instants de répit que me laissent les nootornades qui disloquent peu à peu mon petit esquif, je me dis qu'il faut que je prenne le temps de préparer ces utopiales... mais les ouragans noosphériques reprennent de plus belle, retardant à chaque fois le moment où je pourrai enfin me concentrer sur la tache que m'a confié Vince.

Samedi, 5 jours avant le départ pour Nantes, où le NooCroiseur Utopiales fait escale chaque année pour accueillir les amateurs de SF, je boucle in extremis mon dossier de demande d'aide au noorenflouage de la SCAM, un des organismes qui gère l'avitaillement et l'armement des noonautes français.

http://www.scam.fr/scam.php?unfold=4&xmlfile=Scam/Bourses/art%20numerique

Je peux enfin consacrer les quelques jours qui me restent à m'occuper des Utopiales.
5 jours c'est très peu, surtout que j'ai projeté de construire pour cette occasion un niveau de jeu 3D temps réel afin de présenter une courte bibliographie de Bruce Sterling sur l'écran vidéo géant du pont principal.


DIMANCHE 31 OCTOBRE 2004
J'appel Vince pour m'assurer qu'il a bien prévu de me réserver le canon à image de la grande nef... ce qu'il a complètement oublié de faire, et il en profite pour me demander si mon avatar biologique a bien reçu les billets de train qui lui ont été envoyés en recommandé... oups! c'était ça le recommandé que je ne suis pas allé chercher il y a 15 jours, en croyant que c'était une nmième mise en demeure d'huissier... pourvu qu'il ne soit pas trop tard...


LUNDI 1 NOVEMBRE 2004
... dès le lundi matin, je suis en train de faire la queue au bureau de poste de Clichy (un système de nootransmission traditionnel), tout en relisant le recueil de Sterling "Mozart en verres miroirs" que m'a prêté J-F S samedi avec les feuilles de scotch-lights que je lui avais demandé.

JFS est un ingénieur amateur de SF, rencontré par l'intermédiaire des NG sur internet, et qui m'avait en particulier, invité à présenter mon analyse des métaphores sexuelles dans le cinéma et l'architecture au comité d'entreprise d'une grande entreprise nationale de travaux publics.
... où depuis, je me fournie en échantillon de scotch-light pour faire mes effets spéciaux en vidéo... (1)
j'avais également sollicité JFS pour qu'il me prête son ordinateur PC portable aux utopiales pour que je l'utilise afin de projeter la biographie en 3D de Sterling que je préparais.

Lorsqu'enfin j'arrive au guichet, la postière me donne le "recommandé" avec les billets à l'intérieur, super, c'était moins une que la poste ne le réexpédie à l'organisation des Utopiales.


MARDI 2 NOVEMBRE 2004

Depuis lundi, je m'attelles à éplucher la bio de Sterling sur le réseau, et à préparer son intervention.
Vers 18h je lui envois un mail avec les questions que je vais lui poser (2), auxquelles je joins celles des habitués du News-Group de science-fiction frasf que j'avais sollicité pour l'occasion.

En attendant la réaction de Sterling, mes Noopérégrinations me font découvrir sur le site de Boing-Boing son discours pour l'ouverture du Siggraph à propos des Spimes...

http://www.boingboing.net/images/blobjects.htm

Ses réflexions sur les spimes me paraissent d'une telle pertinence que je trouve mes questions ridicules, et en plus, si ça se trouve comme pour pas mal d'autres apparitions publics de Sterling, celui-ci a déjà préparé une intervention précise et mes questions vont l'énerver.

Je lui envois un second message, en m'excusant quasiment de mes stupides petites questions, et lui précise que bien entendu je ferai comme il préfère.

Je reçois quelques heures plus tard un mail très rassurant et sympathique me disant qu'il trouve quelques questions excellentes et il m'en propose une à propos du design industriel.

Je suis soulagé, j'appelle Vince à propos du canon à image de la grande nef, et la il m'annonce que comme on s'y prend un peu tard, ce n'est pas certain que je puisse y avoir accès pour des raisons techniques, et que dans tous les cas il faut que je montre ce que je vais projeter à Patrick Gyger le capitaine en second du NooCroiseur.

Le fait que je doive soumettre ma video-Biblio de Sterling à l'approbation des Noo-officiers dirigeant le navire m'énerve, bien que je le comprenne, c'est leur rôle de vérifier que je ne vais pas lancer de noomissiles intempestifs dans tous les sens... surtout qu'avec ma réputation, on peut présager du pire... :-)

Comme je suis en train de préparer une histoire de la cyberculture en jeu vidéo, ( http://www.yannminh.com/UT-NooMuseum/ ) je voulais insérer la bibliographie de Sterling dans mon noolabyrinthe historique, mais la projection n'étant pas certaine, ce n'est pas la peine que je consacre trop de temps à élaborer un niveau de jeu.
Autant se consacrer plutôt à étudier la bio de Sterling par écrit déjà.
Je continue donc d'éplucher tous les articles et conférences archi passionnantes de Sterling disponibles sur internet.

http://www.eff.org/Misc/Publications/Bruce_Sterling/

et je découvre que John Perry Barlow, le fondateur d'EFF est républicain...

http://www.bigmagic.com/pages/blackj/column22c.html

curieux ça pour quelqu'un qui véhicule une image de militant libertaire... faudra que je pose la question à Sterling...

Mardi soir, je craque, je m'attaque quand même à développer une version simplifiée et moins ambitieuse de la bibliographie de Sterling en niveau de jeu vidéo, au cas ou...

... Il est 5 heures du matin lorsque je termine de graver le CD contenant le décors en 3D, il ne me reste plus que 3 heures de sommeil avant de me rendre à la gare... tant pis, je dormirai pendant le trajet.

MERCREDI 3 NOVEMBRE 2004
A la gare de Nantes, Vince est la avec Richard, un jeune collaborateur suisse, au look CyberGoth, coiffure sophistiquée, piercings et long manteau noir sur mesure. J'adore son élégance. C'est lui qui est en charge de gérer le débat sur sexe et SF.
Nous attendons en vain Jon Walter Williams l'auteur de Câblé, qui devait arrivé par le même train mais ce seront Di Fillipo l'auteur de Langues Étrangères, et sa femme que nous accueilleront.

Nous échangeons quelques mondanités sur le fait qu'ils habitent Providence, la ville de Lovecraft mais qui est aussi un haut lieu de la recherche en technologie multimedia américaine où j'avais fait un reportage il y a quelques années.

Pendant que leur groupe se rend directement à bord de la Nef des utopiales, je fais une escale dans mon hôtel 3 étoiles offert par le festival (le Kyriad) pour prendre un bain, et surtout tester et optimiser la présentation 3D de Sterling sur mon NooTranslateur portable Titanium.
En effet, dans le train j'avais constaté que le "niveau" de jeu improvisé la veille, et qui fonctionnait très bien avec mon gros PC à la maison, plantait le programme sur le Mac.

Il me paraissait impératif d'identifier la panne, car comme je ne savais plus quand JFS devait arriver je n'étais pas certain d'avoir un PC disponible pour la première intervention de Bruce Sterling Jeudi soir.

Le jeu Unreal Tournament fonctionne sur les deux plates-formes informatiques, mais comme il est un peu moins fluide et détaillé sur les vieux Mac portable, je préfère faire les présentations public sur des PC puissants récents, mais en cas de défection du PC, mon Mac sera mieux que rien, un plan B correcte. En espérant bien sur que j'ai accès au Canon à Images et que le Capitaine en second m'autorise à diffuser ma création devant les passagers.

Au bout d'une heure de tâtonnements informatique et un bon bain, j'identifie la cause du problème et le résout.

Je me rends à pied jusqu'au gigantesque nooembarcadère du palais de congrès où repose pendant une semaine le NooCroiseur Utopiales.

Comme mon hôtel est à proximité de la gare je dois traverser le pont, et longer quelques mètres de canal.

Je savoure le plaisir de pouvoir de nouveau respirer à pleins poumons un air, bien sur pollué, comme celui de toutes le grandes métropoles occidentales, mais à vue de nez, nettement moins corrompu que l'air parisien.

En marchant dans le joli petit labyrinthe de passerelles qui mène aux berges, je repense à une conférence entendue lors des rencontres Science et T.V. à la SACD, où le chercheur Pierre Sonigo nous avait expliqué que si on grossissait, c'était en partie du au fait que les cellules sous-cutanées situées aux extrémités de notre réseau sanguin étaient moins oxygénées que les autres, et donc ne pouvaient pas "brûler" les graisses... et plus j'y repensais, plus je trouvais cette réflexion pertinente, en effet, j'avais commencé à grossir en arrivant à Paris, et je me rappelais très bien y avoir spontanément réduit mon volume d'inspiration, qui était beaucoup plus important lorsque j'évoluais dans l'environnement nettement moins dégradé du port de Lorient.

Si ça se trouve, il suffit que je respire à fond pour maigrir, au lieu de systématiquement bloquer mes inspirations au niveau des couches supérieures de mes poumons afin d'éviter vainement que les micro particules émises par les moteurs diesel ne viennent s'accumuler au bout de mes bronches.

Profitant donc de l'air un peu moins toxique de Nantes et métaphoriquement épuré par la vision "naturelles" des navires et du fleuve, j'applique consciencieusement les techniques de respiration apprises lors de mes pérégrinations avec le Hors-Humain (3). Résultat, lorsque je pénètre dans l'enceinte du palais des congrès, je n'ai pas maigri d'un gramme, mais je suis complètement défoncé à l'oxygène.

A l'accueil, dans un nuage de petites étoiles et de vertiges hyperventilés, on me donne mon badge et mes tickets repas. (les frais des invités des utopiales sont complètement pris en charge, ce qui est loin de me déplaire en cette période économiquement dramatique).

Après le repas je fait un petit tour dans les cales où s'affairent les noomatelots, ce qui me permet d'admirer tranquillement avant l'embarquement officiel des passagers, les assemblages en relief d'Emmanuel Mottu, et dans les cales d'Art&Fact je découvre les magnifiques illustrations de Stéphane Martinière qui termine de déballer sa noocargaison.

Je discute un bon moment avec lui, en particulier j'évoque avec lui mon sujet de prédilection, les métaphores cachées dans les oeuvres graphiques ou cinématographiques. Il m'explique qu'il a effectivement fait, de sa propre initiative pour la suite de Myst un très gros travail de recherche en symboliques ésotériques pour les intégrées dans ses propositions de décors.
Mes interprétations ne le surprennent pas, et il les trouve tout a fait pertinentes, mais hélas, ce genre de "manipulation" est du ressort directe du réalisateur avec lequel il est rarement en contact, et il n'avait pas souvenir de son côté de directives précises ou explicitent venant de la production pour lui demander d'insérer de telles métaphores ou symboliques dans les croquis préparatoires qu'il a fait pour les grands films américains de SF sur lesquels il a travaillé.

J'apprendrai également de sa part qu'un dessin préparatoire très travaillé est payé par la production entre 1000 et 3000 dollars. Qu'il doit faire preuve d'une grande flexibilité vis à vis des rectifications demandées par les commanditaires. Il utilise très peu l'image de synthèse, toutes ses oeuvres étant réalisées avec photoshop.

Dans la cale d'Art&Fact en proue, je demande à Didier des Faiseurs, qui est très occupé à mettre en place les tableaux et les cartes postales, s'il peut me prêter son PC pour la conférence de Sterling, afin que j'y installe mon niveau d'UT.
En ex-Nerd ultra compétent, il fera aussitôt l'installation du jeu et de mon niveau sur sa machine... je suis rassuré, j'ai au moins un PC sur le site avec ma bio de Sterling en état de marche.

En soirée après le repas du soir, on me dit que Sterling est arrivé, je le cherche et le trouve au bar...

Je l'aborde pour discuter avec lui de notre intervention du lendemain. Il me répond jovialement en me racontant ce qui ressemble à des anecdotes de voyage, et horreur!, je découvre que j'ai beaucoup de mal à comprendre son anglais...
Je lui exprime mon étonnement sur le fait que JP Barlow soit républicain, ce qui, dans cette période où tous les auteurs américains sont visiblement catastrophés par la réélection de Bush, me semble un peu contradictoire avec l'esprit libertaire qui anime l'ensemble des acteurs de la cyberculture américaine.
Avec véhémence Sterling s'exclame que pour JP Barlow ce n'est pas signifiant, tout le monde dans son petit état du Wyoming est républicain... et le reste de son argumentation m'échappe...

J'ai tout d'un coup l'impression très désagréable d'être plongé dans le brouillard... ou qu'une sorte de barrière invisible vient de m'isoler du monde. Je n'avais pas de traducteur automatique googolien à portée de main pour m'aider à le comprendre, c'était très dangereux, car je risquais de faire des confusions pendant la conférence.

Faute de facilité de communication la conversation ne s'éternise pas, et Sterling prend congé en me faisant l'effet d'être las ou distant... ce qui achève de m'inquiéter.

Je me réfugie vers l'endroit que d'habitude je trouve sécurisant et reposant, à la proue du noocroiseur où a été tendue la grande voile blanche de la fresque.
Je déplace un des fauteuils qui parsème le bastingage et je m'y installe juste devant le stand, pour admirer confortablement assis le travail de mes collègues noonautes.

La fresque est encore vierge, on me dit que l'équipage attend Gilles Francescano qui est allé chercher le matériel pour projeter les esquisses de la composition finale sur la grande voile horizontale.

C'est la qu'un des noomatelot, sans attendre le retour de Gilles, prend les commandes du nooscaphe pictural, et à grands renforts de gestes amples et vigoureux, esquisse une image occupant toute la moitié gauche de la voile, sous le regard perplexe et amusé des autres artistes, qui voient leur nooexploration prendre un cap inattendu.

JEUDI 4 Novembre 2004
Le lendemain matin, j'arrive sur le site en réalisant que j'ai oublié ma liste de questions pour Sterling à l'hôtel, je me rends sur le stand de Noosfère où les noosfériens me prêtent une clef USB. Je télécharge la bio de Sterling, puis j'imprime mes questions qui étaient sur mon Titanium.

Je me rends en poupe dans la salle des noomachines, qui est simplement délimitée par une signalétique industrielle entourant la table de mixage. Aux commandes du canon à lumière je reconnais Juko, un des compagnons de route de l' E-Troubadour lors de leur nooexpédition Mekamemories, et qui est en charge de faire les animations graphiques sur le canon à images pendant les interludes.
Juko me présente la charmante "mekanicienne" du palais de congrès, qui s'occupe entre autre de la gestion de l'énorme nooprojecteur Barco, et à qui j'explique que je souhaiterai l'utiliser pour projeter des séquences spécifiques pendant l'intervention de Sterling.

Comme Juko utilise déjà un Macintosh pour projeter ses animations, greffer mon titanium sur la machinerie du noocroiseur ne devrait pas poser de problème technique particulier. On procède à quelques essais qui sont concluants. Seulement, pour des problèmes de longueur de connexion mon Mac ne pourra être sur scène il devra être en régie.

Je décide de laisser tomber l'utilisation d'un PC pour ma projection. Les essais avec le mac fonctionnent, et je n'ai pas l'impression qu'on pourra refaire d'autres essais avec une autre machine avant la conférence. La noonavigation sera un peu moins définie et moins fluide mais ce n'est pas grave. JFS va me maudire de lui avoir fait apporter son PC pour rien.

Il me faut donc
1) trouver un opérateur pour manipuler le mac pendant la conférence,
2) montrer mon animation à Patrick Gyger pour qu'il me donne son aval, ce qui ne va pas être facile vu ses occupations.

A peine sorti de l'espace vidéo, je croise un compagnon de route Frasfien, Stormbringer que je sollicite aussitôt pour jouer le jeu de l'opérateur 3D bénévole, ce qu'il consent à faire sans réticence, voir même avec plaisir.

Au restaurant, sur le pont supérieur, j'arrive à installer Patrick Gyger 5 minutes devant mon Titanium pour lui soumettre cette biographie de Sterling en 3D temps réel.
Il la trouve très bien, et donne son aval.
Super, il ne me reste plus qu'à montrer cela à Sterling pour validation.

On me dit que Sterling est en train de faire des dédicaces à la librairie. J'y monte avec Stormbringer. Je propose de nouveau ma liste de questions à Sterling que nous rectifions ensemble car elle est trop longue pour tenir dans l'heure impartie et Sterling tient à ce que nous abordions le sujet du design industriel.

Je lui montre la petite bibliographie 3D que j'ai réalisé, et avec horreur je l'entends m'expliquer que j'ai mal interprété les références données pour ses prix, il n'a en réalité eu que deux Hugos pour des nouvelles, les autres sont des nominations.
Devant mon air catastrophé, et penaud, il me sauve en me disant que je n'ai qu'à dire qu'il a été l'auteur qui a le plus raté de Hugos de tous... ce qui justifiera la présence d'icônes représentant des Hugos devant chacun de ses livres... Cool Sterling... mais je me sens de plus en plus nul...
Sterling en profite pour me demander si je saurai réparer son portable Macintosh en panne... je propose de montrer sa machine après la conférence, à un Frasfien présent sur le navire, Globule, qui est spécialiste de la maintenance Mac ou PC.

Nous nous donnons rendez-vous devant la scène 5 minutes avant le début de la conférence.

Je me concentre et me répète inlassablement la petite litanie noosphérique que je m'étais préparée.
"Pense grand public, pas spécialistes. Fait comme si les gens ne savaient pas du tout ce qu'était le cyberpunk. Ne te mets pas en avant, c'est Bruce Sterling qui est important, donne lui le plus possible la parole. Fait le interagir avec le public."

Stormbringer est a sa place au commande de la vidéo projection. Le canon à images fonctionne. Nous montons sur scène.
Sterling s'installe sur son fauteuil, je prends le micro et je commence....

... je sens que je bafouille pas mal, je mange mes mots, commence certaines phrases en anglais pour les terminer en français... mais malgré tout la bio se déroule correctement, et Strormbringer est parfaitement synchrone avec mon commentaire.

A la fin de la petite bibliographie, je pose ma première question à Sterling, qui est la question inévitable, celle qu'on ne peut pas ne pas poser mais qui rend forcément tout présentateur ridicule...

"Sterling êtes vous un cyberpunk, et pouvez vous nous expliquer le cyberpunk... ?

Sterling commence à répondre, en signalant que c'est une question qu'on lui pose à chaque fois... et je m'aperçois avec horreur que j'ai oublié de nous équiper des écouteurs pour la traduction simultanée...

Que faire, interrompre l'entretien, demander à ce qu'on nous en apporte ? ...

Je suis encore dans l'indécision lorsque Sterling termine sa réponse et se retourne vers moi... il perçoit aussitôt que je ne suis pas sur le coup... hyper pro, il enchaîne après un petit regard contrarié ... je bondis vers la table où l'hôtesse a anticipé ma requête et me tend un équipement dont les canaux sont préréglés pour moi et Sterling...

Une fois les nootraducteurs greffés sur nos têtes, je reprends la liste de mes questions en me disant qu'il faut faire vite, il faut donner le plus vite possible la parole au public et laisser Sterling interagir avec... cet instant arrive enfin. Étonnamment les spectateurs français ne semblent pas pressés de lui demander quoi que ce soit, par contre ses compatriotes le bombardent de questions plus pertinentes les une que les autres... Sterling est excellent...
Je me gardais quelques questions pour la fin, en particulier celle de Nicolas Delsaux sur la memetic qu'il avait trouvé intéressante, mais le temps s'écoula trop vite. C'était deux heures qu'il aurait fallu passer avec lui.

Plus tard, au bar, la femme de DiFilippo me félicite pour mes questions et ma conduite du débat, et Patrick me dit qu'il est content de cette présentation de Sterling au public. Je suis soulagé... et encouragé... tout va bien finalement... j'ai pas planté la conférence , c'est le plus important... juste un peu déçu que personne ne me parle de mon animation 3D illustrant la bio de Sterling...

A suivre...


Yann, NooMatelot sous oxygéné...



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1) Scotch-light
Des microbulles de verre étalée sur un support adhésif, qui sert en travaux public pour la signalisation routière. En effet, les microbulles renvoient la lumière dans l'axe de réception, ce qui permet de faire des panneaux de signalisation très lumineux dans le faisceau des phares de voiture. Le scotch-light était aussi le système utilisé par Kubrick pour faire une partie des effets spéciaux de 2001, et il est utilisé en vidéo pour faire des chroma-key. (incrustation en chrominance sur fond bleu ou vert)

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2) les questions à Bruce Sterling.

oui, je sais, c’est un anglais écrit approximatif, qui aurait demandé à être corrigé mais j’ai pas eu le temps...
Ceci, dit, suis toujours preneur d’une correction... j’adore ça :-)
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---- 1) Bruce Sterling, you are consider with Gibson, as one of the father of what we call in SF : The Cyberpunk movment.
Are you a cyberpunk, and could you give us your definition ot this neologism.
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--- 2) by my own personnal point of view of cyberpunk artist:
What is your opinion if I says : The cyberpunk was not "invented" by the SF writers around 1984, they give his name to an aesthetic, and anonymous social movment, that existed yet in all the arts spheres... not only the writers world... (painting, music, video-art, computer art or praxis, cinema, Comics...)
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---- 3) In SF archétypes, there was the nuclear apocalypse, travelling quicker than light, antigravity, IA taking the control of the world, ET invasions, cyberspace and cyberpunks...
Nothing of those spéculations happened yet, except that it seems we are living more and more in a cyberpunk world... for the better and for the worst.

So, cyberpunk seems to be the most relevant prophecy of SF...

what it your point of vue about that.. ?
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---- 4) in your 1988 novel, "Islands in the net", you describe a futur, where terrorism is the main weapon of secret corporations and, by many sides, the world that you describe in your novel, look more and more to this reality...

just to make us fear a little more... what are your main speculations about our futur... :-)
----------------------------
--- 5) in 1994, at the Freedom and Privacy Conference IV of Chicago, you said :
"Stop pornkidding us around! Just knock it off with that crap, you're embarrassing yourselves."

Do you always think that pornography on the net is a pretext for some politics to control freedom...
----------------------------
--- 6) what are your relations with the EFF...
----------------------------
--- 7) what is your opinion about the big fight today of the music major companies against the PeerToPeer.
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In the Game conference speech: "The Wonderful Power of Storytelling" From the Computer Game Developers Conference, March 1991, San Jose CA

You said About Books
--- 8 -
Now I'm the farthest thing from a Luddite ladies and
gentlemen, but when I contemplate this particular
technical marvel my author's blood runs cold... It's
really hard for books to compete with other multisensory
media, with modern electronic media, and this is supposed
to be the panacea for withering literature, but from the
marrow of my bones I say get that fucking little
sarcophagus away from me. For God's sake don't put my
books into the Thomas Edison kinetoscope. Don't put me
into the stereograph, don't write me on the wax cylinder,
don't tie my words and my thoughts to the fate of a piece
of hardware, because hardware is even more mortal than I
am, and I'm a hell of a lot more mortal than I care to be.

.../...

Books are independent of the machineries of book
production, the platforms of publishing. Books don't lose
anything by being reprinted by a new machine, books are
stubborn, they remain the same work of art, they carry the
same cultural aura. "

Do you always think that this reflexion about books, by opposition with new media is always relevant ?
----------------------------
9 --- SF and cyberpunk aesthetic is omnipresent now in the mass-media , and it could be interpreted as a kind of "victory"... but many people from SF books thinks that SF is loosing it's soul... by loosing contents...

What is you opinion now, about the importance of SF and Cyberpunk in the book edition... ? and in the mass media...
----------------------------
10 ---- In the Game conference speech: "The Wonderful Power of Storytelling" From the Computer Game Developers Conference, March 1991, San Jose CA you says :

What computer entertainment lacks most I think is a
sense of mystery. It's too left-brain.... I think there
might be real promise in game designs that offer less of a
sense of nitpicking mastery and control, and more of a
sense of sleaziness and bluesiness and smokiness. Not
neat tinkertoy puzzles to be decoded, not "treasure-hunts
for assets," but creations with some deeper sense of
genuine artistic mystery.

Do you think this reflexion is always relevant ?
----------------------------
11---- In the Game conference speech: "The Wonderful Power of Storytelling" From the Computer Game Developers Conference, March 1991, San Jose CA

you says those marvellous words :

We're not into science fiction because it's *good literature,* we're into
it because it's *weird*. Follow your weird, ladies and gentlemen. Forget trying to pass for normal. Follow your geekdom. Embrace your nerditude. In the immortal words of Lafcadio Hearn, a geek of incredible obscurity whose work is still in print after a hundred years, "woo the muse of the odd." A good science fiction story is not a "good story" with a polite whiff of rocket fuel in it. A good science fiction story is something that knows it is science fiction and plunges through that and comes roaring out of the other side.

Many years latter, what is your opinion about what a good SF story must be ?
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12--- A very intimate question : what is your computer and what video games do you play now Bruce Sterling.
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13---
Bruce Sterling, tomorrow, you will be choose by a politic party to be president of the United States... which party could do that, and what will be your plan...
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14---
Bruce Sterling, what is your political feeling of France...
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Four questions by users of the SF french newsgroup FRASF:

one question by Eric E,

--- do you see in SF nowadays, a writer movment or school similar to the cyberpunk

3 questions by Nicolas Delsaux,
--- Do you think that the kind of company, like Rizome, with full democratic rules and structure will exist...

--- what do you think about Memetic

---- Do you think that Post-humaniy will be possible, even if the genetic experiments are reserved to the states and the military laboratories...
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------ Last question

what would you says, Bruce Sterling, to the young cyberpunks writers, and SF artists that are here in the utopiale, and for whom you are a kind of media-exemple... ?





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3) http://www.yannminh.com/french/IndexHorsHumain04.html





--
yminh@yannminh.com
http://www.yannminh.com

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