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MANIFESTE DU NOONAUTE. 30/05/1999. Version. 1.2
Au début ce qui importait était la chose représentée et non sa représentation. Peinture des bisons dans les cavernes...shamans... l'homme...dieu, le Christ, Pharaons...saints et démons... etc... Puis la représentation elle-même, l'objet, prend de plus en plus d'importance, jusqu'à rendre parfois le sujet anecdotique : Sculpture des dieux romains, divinités diverses, avec le fameux débat des iconoclastes. Même si l'auteur commence à être connu, c'est l'objet et ce qu'il représente, qui sont primordiaux. Peu à peu c'est l'auteur de l'oeuvre qui prend de l'importance. La signature devient prépondérante : Giotto, la renaissance Velasquez, Zurbaran etc...mais le contenu reste déterminant sinon essentiel (roi, bataille, religion etc... )
Ensuite la chose représentée devient carrément anecdotique, et apparaissent les notions de subjectivité, -c'est l'esprit de l'auteur qui devient important : comment il voit le monde.
Beaucoup continuent d'analyser l'art avec ce regard : Et c'est dans cette lignée que s'inscrivent les derniers représentants de Fluxus, du Pop-Art, de l'Anti-Form...etc... Groupes ou artistes plasticiens qu'on peut qualifier sans trop se tromper de Conceptuels. Mouvement dans lequel s'inscrivent, parfois malgré eux, des artistes comme Boltansky, Raynaud, Buren etc... Ensuite, ou simultanément, car le temps s'accélère, ce sont les années 60-80, où on va parler de "contextuel": L'oeuvre, l'artiste, la chose représentée (s'il y en a) s'inscrivent a la fois dans un courant social et une période donnée. Apparaît une forme d'anonymat des auteurs qui se fondent dans des groupes, des mouvements éphémères, ou des institutions... Ce sont, Le Bad-Painting, la Nouvelle Figuration, Fluxus, Figuration-Libre, Support-Surface, Les Maîtres du Monde... On ne regarde plus seulement des auteurs, ou leur subjectivité, on regarde un contexte... Et les notions de cohérence artistique entre la personnalité d'un auteur et sa création deviennent relativement anecdotiques, puisque c'est le contexte qui est déterminant... On en est la...en ce moment c'est un peu la pagaille, car chacun y va de sa définition de l'art contemporain... normal...c'est trop proche.
Le problème c'est que comme toute analyse de l'art de type pédagogique, ce modèle est lacunaire, en particulier du fait d'une sorte d'enfermement autistique du milieu des arts plastiques face aux Masse-Media, où n'entre pas en compte la bande dessinée, le New-Age, le Cyberpunk, la Science-Fiction, et à peine le multimédia, les jeux et l'Art Video). Et Il est clair pour moi que la définition de l'art (s'il y en a jamais eu une) est actuellement en train de muter radicalement, pour échapper au carcan dans lequel le tout petit milieu des arts plastiques l'avait progressivement enfermé de fait.
Et mon travail, ainsi que celui d'un grand nombre d'auteurs ne s'inscrit pas, en tout cas dans cette analyse de l'art. Car ma démarche est transversale à la fois aux arts plastiques, mais à tous les autres secteurs artistiques, que ce soit de la littérature, en passant par la photographie, la sculpture, la musique....
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NOONAUTES NOONAUTES, NOOSPHERE et CYBERNETIQUE. Proposition de Néologisme pour une nouvelle définition de l'artiste.
Norbert Wiener en 1948 à travers son texte fondateur "Cybernetics or Control and Communication in the Animal and the Machine", invente la Cybernétique, dans laquelle les notions d'échanges informationnels et de traitement de l'information jouent un rôle prépondérant... Norbert Wiener, comme Teilhard de Chardin, à travers leurs manifestes à la fois scientifiques et philosophiques font des notions de communication et de transmission de l'information, l'élément déterminant de l'évolution humaine, et indirectement donnent une nouvelle définition de l'art, qui de fait, s'inscrit parmi l'ensemble des processus informationnels caractérisant la noosphère, ou le cyberespace. En plus de ses véritables applications scientifiques, la philosophie cybernétique influencera de nombreux artistes des années cinquante, comme Xenakis, Schoffer, Weng Ying Tsai, Bruce Lacey... qui, par leurs oeuvres sont déjà des artistes multimedia.
À bien des égards Nam June Paik, bien que se réclamant de Fluxus s'inscrit aussi dans l'esprit d'un "art cybernétique" lorsque en 64, il fabrique un robot qui défèque et interpelle les passants dans les rues de New York.
Ce mouvement de l'art cybernétique sera éphémère, mais il est précurseur de ce qui se passe actuellement : L'histoire a enfin rejoint ces premiers créateurs "multimédia", car avec la prolifération des réseaux favorisant des modes de transmissions horizontaux, nous sommes entré dans l'ère de "l'utopie de la communication" générée par la pensée de Wiener chez les utopistes des années cinquante...(idéal controversé..mais c'est un autre débat). Sous l'influence des nouvelles technologies de la communication et l'apparition de nouveaux outils de création en réseau, L'art est en train de se "désacraliser" encore plus... car il est actuellement déterminé, non plus par des auteurs, des mouvements, des contextes, mais par des phénomènes de transmissions horizontaux de vagues informationnelles... Les réseaux permettent aux artistes de diffuser leurs créations et de rencontrer leur public, sans passer par le contrôle des grandes institutions de l'art. La science-fiction par exemple, genre artistique dans lequel je m'inscris et complètement occulté par le milieu des arts plastiques en France, est un courant artistique multimedia regroupant une myriade d'auteurs différents, oeuvrant sur des supports différents.
Pour citer les plus célèbres...
Il est intéressant d'ailleurs de constater comme les scientifiques rejoignent parfois les artistes dans leurs recherches. Ainsi, pour moi, les robots sauteurs du MIT, sont à la fois des objets scientifiques et des oeuvres d'art, car ces réalisations scientifiques expriment de façon explicite un pan entier de la NooSphère: le mythe de "la créature artificielle"....
L'art est de plus en plus perçu par les créateurs contemporains comme s'inscrivant dans un processus de communication et d'échange multimédia, où les frontières entre les genres ne sont plus claires.
C'est un des espaces informationnels de la noosphère de Teilhard de Chardin, il perd un peu de la sacralité associée au nom de l'auteur, ou à la notion d'oeuvre. L'artiste est un voyageur de la spiritualité qui va s'emparer des outils qui lui tombent a porté de main pour explorer des zones spécifiques de la noosphère...chaque outil déterminant une forme d'émotion véhiculée...
Je suis un artiste multimédia, un NooNaute, et j'inscris ma création dans cette démarche. Je m'empare des outils qui me tombent à portée de main pour m'exprimer. J'ai eu la chance de pouvoir faire un roman, qui s'inscrit dans une démarche globale de transmission de mon imaginaire, de mes voyages dans la noosphère, que je concrétise sur différents supports en fonction de leur pertinence ou de leur disponibilité : vidéo, peinture, sculpture, roman, photo etc... Ainsi je m'arroge la liberté du NooNaute, d'explorer n'importe quelle zone de la spiritualité : je peux être catholique intégriste un jour, libertaire révolutionnaire un autre, mystique illuminé, ou rationnel scientifique, obsédé sexuel ou moraliste, et pourquoi pas facho crétin, Stalinien ou trotskyste extrémiste si ça m'intéresse... c'est imaginaire. Il n'y a que le passage a l'acte qui peut craindre :-))) Dans la sphère de l'imaginaire, mon rôle et mon expérience d'artiste est précisément d'aller là où c'est dangereux, vers les zones conceptuelles les plus tabous à la pêche aux "noumènes", car mon rôle est d'en ramener de la matière spirituelle qui apparaîtra dans mes oeuvres. Il se trouve que je ne peux pas tout faire et que je suis flemmard, donc pour l'instant je cède à mes tropismes naturels, l'érotisme SM et la SF cyberpunk... ;-))))
Cette vocation de NooNaute n'est pas sans dangers.
Tiens pour rire... et donner un exemple qui ne soit pas sexuel... le jour où j'ai décidé de comprendre ce qu'était le concept de Dieu sérieusement... (au départ, et d'éducation plutôt anticléricale et parents communistes, je suis athée et rationnel) Après pas mal de lectures et d'interrogations, j'ai incarné dans mon esprit ce que pouvait être la pensée d'un illuminé... Je ne dis pas le temps qu'il m'a fallu pour m'en sortir de cette ballade dans la NooSphere...mais maintenant je sais ce que c'est... et j'aime ça.... ;-)
Yann Grand Maitre de l'ordre des NooNautes... ;-))))))
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NOOSPHERE Norbert Wiener. Cybernetics or Control and Communication in the Animal and the Machine, Librairie Hermann et Cie, Paris 1948.
Piere Teilhard de Chardin. Le phénomène humain. Éditions du Seuil. 1955. |
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