Façon Puzzle. Une création théâtrale exceptionelle de six comédiennes pas comme les autres. au théâtre de Proposition. 3, cité de Souzy. Paris 75011. Tél: 01 43 48 99 30. Métro Boulets. Montreuil.

du Mardi 16 au dimanche 28 décembre 1997. semaine. 21heure, dimanche 16h (Relâche le lundi) Durée: 50 minutes.


La pièce

Les comédiennes

La presse


La piéce.

Dans la zone de forte circulation qui nous est donnée à voir, les êtres qui grouillent sont saisis dans des moments de conflit, où donner la mort à l'autre se présente toujours comme la solution la plus tentante, et celle qui est systématiquement retenue.

Un dialogue ; un combat ; un geste ; une phrase répétée. Chaque fois, un corps,des corps, tombent, morts. Des séquences qui se font écho, sans que jamais l’une puisse être considérée comme la suite de l'autre.

Ce n'est pas seulement la chronologie qui est bousculée, mais la possibilité même du récit qui disparaît. Pourtant, les événements, s'ils ne s'enchaînent pas de manière cumulative, sont intégrés dans une structure propre, qui les arrache au chaos.

Comme des marionnettes, les comédiens prennent en charge, non pas des rôles complexes, des personnages définis par un passé et un faisceau de volontés, de passions qui s'entrechoquent, mais des actions au mieux définies par une intention immédiate et une stratégie pour y parvenir. Leurs face-à-face produisent des échanges que jamais le monde social ne nous livre tels quels, mais qui lui empruntent, et dont d’emblée, nous saisissons les ressorts.

Incapables de construire des histoires élaborées, ces créatures éphémères finissent par se répéter, par se perdre dans l'accomplissement sans fin d'un même acte,par prononcer en boucle une même phrase. Nous les apercevons par instants, pris dans des cercles infernaux, tandis que d'autres se débattent encore dans d’improbables sphères. Ces bribes séquentielles s'entremêlent parfois, les règles du jeu de l’une s’infiltrent parfois dans une autre, l'enrichissant ou la court-circuitant.

Néanmoins, imperturbable et froid, armé d'un long tuyau, le « souffleur» traverse la scène d'un bout à l'autre, faisant disparaître entre chaque action les corps inertes des perdants. Il nous rappelle que le temps ici est cyclique, qu'aucune valeur ne peut prospérer, aucune expérience s'acquérir-

Pourtant de tout cet éphémère quelque chose subsiste, de l'agencement de fragments épars une forme s'élève : ultime signe de cette ordonnance du chaos, le hissage de la bâche de scène, exhibant les empreintes des corps successivement tombés au sol, nous montre qu'un sens peut naître de la fragmentation.

Odile MACCHI


Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit personnages, peut-être un peu plus, peut-être beaucoup plus - comment les reconnaître ? - passent, se croisent, s'entrechoquent.

Tout se passe ici comme si le temps ne se déroulât pas. Pas d'antécédents, pas de perspectives,les actes, les situations, les individus en présence ont une durée de vie si courte ... mourrai-je à mon tour de ne pouvoir comprendre ?

J'ignore d'où ils viennent, je ne sais qui ils sont. Lorsque je crois tenir une piste, l'instant d’après met en échec mes élucubrations narratives.

Et pourtant, ne tentant plus d'enchaîner les faits les uns aux autres, je trouve tout si limpide. D’autres règles du jeu me sont proposées, grâce auxquelles je peux voir ce que jamais expérience ne me livre comme tel. Les personnes semblent n'avoir d'autre existence que celle de l'action qu'ils sont en train de mener. Les segments qu'ils dessinent ne se suivent pas, ils se superposent et se répondent, ils se répètent et se font écho. Le voilà, le vrai fil. Comment les interactions tournent-elles lorsqu'elles ne sont définies que par les ressources et contraintes de l’instant ? Je ne puis certes pas décrire une situation complexe, mais j'y vois plus clair sur la dynamique relationnelle.

Quelqu'un tombe au sol, mort. L'on tue beaucoup dans cet univers dénué de toute anticipation.Cela ne m'affecte jamais. Mais personne ne me demande d'y croire. Eux-mêmes n'y croient pas d’ailleurs. Libérés eux aussi du miroitement pelliculaire des choses, ils testent de tous côtés leur gamme de possibles. Dotés d'une infinie légèreté puisqu'enchâssés dans l'instant, ils dessinent devant nous un autre monde, improbable, mais qui serait comme en filigrane du nôtre.

Ce jour-là, en rentrant chez moi, je me suis trouvé gros.

Odile Macchi


Création et mise en scène collectives Les textes de FAÇON PUZZLE sont écrits par Odile Macchi. La conception des éclairages et de la bande sonore est de Jérôme Noël.

Après avoir remporté le Prix du Public au Festival International de Théâtre Universitaire de Nanterre en juin 1996, au Théâtre des Amandiers, et avoir été invitée au Festival Européen de Jeune Théâtre « Diskurs », à Giessen en Allemagne en juillet 1996, notre compagnie a tout récemment obtenu l'Arlequin d'Argent au Festival Francophone de Théâtre, à Cholet(19/4/97).


Les comédiennes.
Chantal LAIDEBEUR :

Conservatoire de Théâtre de Sainte-Savine de 1979 à 1982 Comédienne au Théâtre de la Pierre Noire de 1982 à 1994

Julie LÉGER ;

Cours à l'Université Populaire de Théâtre de Troyes en 1991 Stage au Théâtre École de Lasson en 1992 Participation au Festival International de Théâtre à Casablanca en 1992 Comédienne dans la troupe " Pretext and Co " de Troyes depuis 1996

Elise LHERITIER:

Conservatoire de Théâtre de Sainte-Savine de 1978 à 1982 Licence de Théâtre à Saint Denis Paris VIII obtenue en 1986 Comédienne professionnelle au Théâtre de la Pierre Noire de 1987 à 1995 Diverses animations en ateliers-théâtre de 1987 à 1995 Intermittente du spectacle depuis 1988 Conteuse depuis 1990

Odile MACCHI :

Conservatoire de Théâtre de Sainte Savine de 1977 à 1982 Comédienne au Théâtre de la Pierre Noire de 1982 à 1994 Actrice dans deux films de Yann NGUYEN MINH en 1983 et en 1985 Mise en scène de l'opéra UN MONDE NOUVEAU à Troyes en 1995

Isabelle NOEL ;

Conservatoire National de Troyes de 1976 à 1979 Premier Prix d’art Dramatique obtenu en 1979 Comédienne professionnelle au Théâtre de la Pierre Noire de 1982 à 1992 Diverses animations en ateliers-théâtre de 1982 à 1992 Intermittente de spectacle depuis 1986

Stages de théâtre de 1979 à 1982 ( école Jacques Lecoq, Théâtre de la Jacquerie....)Élève au Théâtre de la Pierre Noire de 1989 à 1990 Cours de diction à Rennes de 1991 à 1992 Comédienne au Théâtre des Docks à Boulogne-sur-Mer de 1993 à 1994 Comédienne au Spokoino Théâtre de Troyes depuis 1994
Libération Champagne


Presse

Courrier de l'Ouest, 22 avril 1997 ."XIe Festival des Arlequins : "Façon Puzzle", chouchou du public. Aux yeux du public, l'Arlequin d'Or revient à "Façon Puzzle", une création collective de la troupe Cas de Figure. Il s'agit d'une pièce très alerte dotée d'une mise en scène et d’une interprétation très efficaces".


Est-Eclair 9 mai 1997"Façon Puzzle", une histoire en morceaux et un succès entier. En un an seulement, une jeune compagnie enchaîne les succès dans les festivals nationaux avec la rigueur et la régularité d'une mécanique bien huilée.(...) Ce n'est pas seulement une réflexion sur le théâtre ou sur l'homme dans ses rapports à l'autre.C'est une réflexion sur la subjectivité de l'interprétation".


Libération Champagne, 18 mai 1997"Façon Puzzle", la pièce à succès de Cas de Figure. Avec Façon Puzzle, la toute jeune compagnie possédait déjà un palmarès surprenant , auquel il ne manquait que l’approbation du public troyen. Les six auboises, grâce à leur charisme et leurs succulentes interprétations, l'ont conquis tout entier. Pendant une heure, le public s’est retrouvé plongé dans une sorte de trou noir, où s'enchaînent des histoires de meurtres et de jeux méchants.(...) Bref, le succès fut entier'.


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